• Cycles

    Demain ne veut rien dire.
    Nous avons vu le nouveau siècle arriver et regarde, maintenant, où nous en sommes, à attendre à nouveau de l'avenir, à repousser les échéances, comme si les années devant nous étaient forcément toujours plus belles. Demain ne veut rien dire et les jours défilent, en fait, le millénaire nous est passé au travers et nous n'avons rien senti, rien de plus que cette émotion feinte que l'on se force de ressentir pour ne pas être déçu. Il n'y avait rien.
    Et il n'y a rien non plus dans les jours sans début ni fin qui se lèvent et se couchent en un battement de cils, dans les pas effrénés de ces marées humaines qui vont et viennent, des vagues innombrables poussées par le vent. Il n'y a rien dans ces regards de tous les jours que l'on oublie, dans ces silhouettes artificielles, dans ces ports d'attache que l'on s'invente, bouées de sauvetage dans un océan qui nous malmène, et où l'on pense trouver quelques heures de répis.
    Il n'y a rien d'autre que la houle, et les eaux paisibles du lac sont trompeuses, avec leur doux murmure des jours d'été. Ces ilots ne sont que des secondes au milieu des décennies, et ce siècle derrière nous n'a rien retenu d'elles, il n'a rien changé. Demain ne veut rien dire. Demain est hier, demain est un de ces cycles sans commencement ni fin, ces cycles qui gouvernent tout, typhons au milieu du grand large, qui aspirent les rives et les embarcations, engloutissent les promenades et les foyers. Demain nous emportera nous aussi, avec les mois et les années passées, les attentes et les rêves, et nos pires craintes ne seront plus rien.


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