• Hier Florence Aubenas et Hussein Hanoun ont été libéré; j'ai regardé leur retour à la télévision, je n'ai pas pu m'empêche de verser ma larme. Pourtant elle n'avait pas l'air bien émue mais qu'importe, je sais qu'au fond d'elle elle devait chanter, et ça m'a ému moi d'assiter à cette scène, même si je n'y ai pas été impliquée.

    J'ai imaginé les jours et les jours d'absence, d'attente, d'espoir et de désespoir, de rêves. Me dire que ces deux personnes ont sans doute cru qu'elles ne reverraient plus jamais les leurs; elles ont sans doute regretté des paroles qu'elles ont eues, des choses qu'elles n'ont pas dites ou pas faites. Leur libération sonne comme une deuxième chance, une occasion unique de reprendre leur vie là où ils l'avait laissée, et peut être d'y changer des choses. Je me demande ce que je ferai si jamais cela m'arrivait, si on m'ôtait tout espoir avant de me redonner une chance. Je me mettrai à vivre comme je l'ai toujours voulu, à crier mon amour à ceux que j'aime, à pardonner à ceux que j'ai pu haïr. La haine est tellement vaine, tellement inutile, je crois qu'on se rend compte dans les moments forts que seul l'amour compte, et que seul l'amour doit être exprimé.


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  • Il n'y a rien que j'aime plus que de voir le monde graviter autour de moi. Souvent, lorsque j'attend dans le froid le tram qui m'emmenera, je m'enferme dans une bulle de pensées et de musique, et j'observe les gens passer, attendre, se taire parfois, parler souvent. Je m'imagine souvent d'où ils viennent et où ils vont, je me demande ce qu'ils sont allés faire hors de chez eux par un tel froid, si quelqu'un les attendra à leur retour.

    Aujourd'hui, un homme étrange a marché droit vers moi, ne déviant qu'au dernier moment. Il avait l'air d'avoir la quarantaine avancée, des tempes grisonnantes, et ce regard à la fois vide et pétillant qu'ont les déficients mentaux; car c'est ce qu'il était. Il était accompagné d'une dame, plus jeune, dont les yeux aussi noirs que sa peau ne s'arêtèrent que quelques secondes sur moi. Ils étaient quelques uns encore, tous atteints de cette particularité; mais ces deux là formaient un couple.

    Je me suis surprise à m'étonner tout d'abord, puis à me laisser attendrir. je me suis imaginée leur relation, leur rencontre, leur vie de tous les jours. Eux aussi sont enfremés dans leur monde, leur bulle, j'étais touchée un instant de voir ces deux êtres si différents l'un de l'autre se lier d'un même sentiment. Ils avaient l'air heureux.

    Lorsque le tramway est arrivé, nous sommes montés dans le même wagon. Il faisait froid dehors et les vitres étaient toutes recouvertes de bueé; l'homme a appuyé sa main sur l'une d'elle et, l'enlevant, s'est amusé d'y voir son empreinte comme gravée dans le verre. Il a continué et répété ce geste durant tout le trajet, si bien que lorsque nous sommes descendus la vitre était toute recouverte de paumes.

    Il y avait un autre couple  près de moi qui, bien que différents, avaient en comun cet amour. La jeune fmeme dévorait littéralement son ami des yeux; ils ne parlaient pas et pourtant les mots se lisaient dans ses yeux, j'aurai pu taper sur l'épaule du jeune homme et lui déclarer d'une traite tout ce que sa compagne pensait de lui.
    J'aime voir les gens amoureux, mais uniquement lorsqu'ils ne sont pas tristes. Sans doute s'agit-il de jeunes couples ou de personnes fondamentalement positives comme j'ai pu l'être dans ma vie; mais ils sont cette flamme qui me manque, ces yeux éclatants que j'avais moi aussi. Les ai-je encore? je ne sais pas, il me faudrait pour le savoir être moi aussi un couple dans un tramway.


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