• I don't wanna be alone anymore

    Aujourd'hui, le petit prince m'a dit que les autres, que le reste, ce n'était qu'un plus. J'ai réfléchi longtemps à me demander si j'étais d'accord ou non, si je pouvais acquiescer ou secouer la tête. J'ai toujours vu le seul intérêt de l'existence dans le rapport avec les autres, pas nécessairement le rapport amoureux, mais le rapport social, l'échange, la communication. Il m'arrive de passer des journées entières sans croiser la moindre âme qui vive, je m'occupe, je produis des choses qui me satisfont, je ne m'ennuie même pas, mais est-ce que je suis heureuse pour autant? La solitude a beau avoir été ma meilleure compagne durant tant d'années, j'ai vécu si longtemps sans elle que, je crois, nous ne nous entendons plus. Les activités que je pratique semblent n'être que de la poudre que je me lance aux yeux pour ne pas accepter la réalité, pour passer des heures et des journées qui seraient sans cela désespérément moroses. Est-ce qu'on est heureux quand on se contente de passer le temps, quand les jours défilent et se ressemblent tous? Je fais des choses différentes, je vois des gens parfois, mais les jours sont toujours les mêmes, ils se noient dans une masse informe et je ne me rappelle plus de rien. Alors oui bien sûr j'évite de trop penser, comme on dit, je m'occupe l'esprit, je discute de choses et d'autres, je travaille un peu (mais pas trop)... mais au final, il manque quand même quelque chose, il manque l'essentiel.
    Même la musique n'a plus la même saveur, je ne pensais pas pouvoir un jour écouter Lisa et me dire que je ne fais que passer mon temps, comme si le moindre plaisir ou divertissement n'était là que pour dissimuler l'horrible vérité que j'aimerai accepter, mais qui s'échappe toujours. Quand il m'arrive de ne plus rien faire, je peux rester des heures assise sur le bord de ma fenêtre, à regarder les enfants jouer dans le jardin. J'espère toujours qu'ils ne me verront pas mais je ne me cache pas pour autant, je leur ferais peur dans le pire des cas, on ne voit pas un spectre tous les jours. Je ne sais plus vraiment quoi faire, ni à quoi penser; je crois que j'en suis arrivée à un point où je m'ennuie avec moi-même, cette personne mélancolique et paranoïaque que je reconnais de moins en moins au fil des jours. Elle change, je change, j'espère arriver à la suivre mais, pour être honnête, je crois qu'elle me fait un peu peur. Je ne sais pas trop où elle se dirige, je gage qu'elle n'en sait rien elle non plus, et même si jusqu'à présent nous avons toujours réussi à retrouver une route sûre, pour la première fois j'ai peur que nous ne nous égarions pour de bon. Alors je me redresse, je tourne la tête de part et d'autre, je cherche un sentier dissimulé qui aurait échappé à notre vigilance. ll y a plusieurs chemins, tous différents et inconnus, des passages sombres et mystérieux qui m'effrayent, mais dans lesquels il va bien falloir se jeter. Avancer, malgré tout, ou rester à jamais sur le pas de la porte. Voilà un dilemne qui ne devrait même pas en être un.

  • Commentaires

    1
    Roman
    Mardi 4 Juillet 2006 à 16:40
    sylvestre
    Il est dur de se regarder changer, et encore plus lorsqu'on pense se dégrader.. L'Ennui attise la tristesse, la peur et le désespoir.. Avance, toi et ta moitié, avancez, sans jamais vous arrêter, elle que tu crains est sensible aux mêmes bonheurs qui sont tiens, empoigne ton arc Diane, et chasse la joie de tes flèches habiles, et même si, malgré tous tes espoirs et ta persévérance, tu manques ta cible à  maints reprises, ne sombre pas, continue à  avancer, il est un gibier qui ne demande qu'à  être attrappé..
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