• Foi

    J'ai retrouvé la foi en l'humanité le jour où je suis partie en claquant la porte. Comme souvent dans ces cas là, j'en voulais à la terre entière et à moi en particulier; je m'étais trompée, j'avais eu tort pendant des mois, des années, je m'étais trompée de personne, de sentiments, j'avais cru des choses fausses, j'avais été aveugle.

    J'ai voulu partir loin mais je n'avais pas vraiment d'endroit où aller; la ville a beau être vaste, il n'y a pas de refuge pour un désespéré. Je me suis mise à attendre le tram; qu'importe où j'allais, je voulais partir d'ici. J'avais beau pleurer toutes les larmes de mon corps, il y en avait toujours de nouvelles; je me foutais de pleurer en public, les gens font toujours semblant de ne pas voir et ils me laissent en paix.

    Et puis il y a eu une fille qui s'est approchée; avec un sourire franc et chaleureux. Elle est venue doucement vers moi et m'a demandé, les yeux plein d'étoiles, si ça allait. J'ai dû rester une fraction de seconde à ne pas savoir quoi dire et quoi faire, j'ai été ailleurs. Bien sur j'aurai voulu lui dire des milliards de choses mais je me suis contentée de sourire aussi bien que je lui pouvais et de répondre que oui, ça allait. Elle m'a demandé si j'étais sûre, me voyant répondre à l'affirmative elle m'a sourit et, se redressant, elle a continué son chemin.

    C'est bête, je n'ai même pas pu lui dire merci, pourtant je le voudrai encore aujourd'hui. j'aurai aimé me rapeller de son visage mais comme tous les inconnus qu'on croise, le sien est déjà flou. Quoi qu'il en soit, je me rapelle encore de cette émotion unique qu'elle m'a transmise alors que je croyais le monde et les gens incapable d'amour et de pureté. Savoir qu'une parfaite inconnue avait eu le réflexe de se diriger vers moi, de me parler, d'essayer de me réconforter, et de continuer son chemin, que c'était beau.

    Je crois que j'ai pleuré encore plus après mais c'était différent. Je pleurais de joie; j'avais trouvé un sentiment unique, preuve que d'autres pouvaient l'avoir, peut être tout le monde, enfoui au plus profond de soi. Nous sommes une grande espèce qui a un peu perdu les liens qui l'unissent depuis la nuit des temps; nous avons perdu notre compassion pour l'autre, mais certains l'ont encore, certains n'ont pas peur de la montrer.

     Où qu'elle soit aujourd'hui je ne l'oublierai jamais. Je me rapelle de son sourire, et la chaleur revient.


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